D'ordinaire, les adolescents se font plutôt prier pour visiter un musée. Le Centre Pompidou, à Paris, tente d'y remédier en offrant aux 13-16 ans un espace qui leur est entièrement dévolu. Situé dans un ancien lieu de stockage des sous-sols du Forum, il est ouvert tous les mercredis, samedis et dimanches après-midi depuis le 11 septembre. Ses médiateurs ont déjà accueilli des centaines de jeunes Franciliens, venus du quartier du Marais comme de la Seine-Saint-Denis.
A 8 heures par e-mail, recevez la Check-list, votre quotidien du matin
Abonnez-vous au Monde.fr : 6€ par mois + 1 mois offert
Certains y entrent timidement, jettent un coup d'oeil, puis repartent, pour revenir avec des copains, ou pas. D'autres s'enhardissent et participent aux ateliers qui leur sont proposés. Le designer Mathieu Lehanneur, qui a conçu le lieu, a imaginé à l'orée de l'espace un "lounge" tout en nuages bleus, où les indécis peuvent brancher leur iPod, dont la musique est diffusée par une douche sonore, regarder des vidéos ou consulter des catalogues. Pendant ce temps, aidées par une chorégraphe, des jeunes filles dansent sur une vidéo qui se répand en lignes urbaines sur le sol. Car, pendant les trois premiers mois, c'est le thème de la ville qui a été choisi. Six artistes ont imaginé des oeuvres modulables, interactives, que les ados peuvent investir à loisir.
Seront ensuite explorés au fil de l'année les jeux vidéo, la mode, puis les mangas. Avec le danger d'enfermer ces jeunes gens dans leur propre univers ? "Au contraire, répond l'une des chefs de projet, Sarah Mattera. Nous essayons d'ouvrir ces thèmes qu'ils connaissent vers des choses inattendues. Par exemple, le thème urbain aurait pu nous inciter à ne traiter que du street art, mais nous proposons bien d'autres choses."
Au sortir de ces ateliers libres, les plus aventuriers iront-ils jusqu'aux expositions ou au musée ? Pour les y inciter, des visites sont organisées depuis le 13 octobre chaque mercredi à 17 h 30. En guise de conférencière, les curieux auront droit à l'un(e) des 180 "nouveaux ambassadeurs" qui ont participé à la conception du projet depuis deux ans et s'efforcent d'en répandre la bonne parole. Mais, à ce jeu, la page Facebook de "Studio 13/16" leur est un sérieux rival.
Emmanuelle Lequeux
Article paru dans l'édition
------
Certains acteurs « fatigués » devraient-ils la fermer, comme le propose Annie Duperey ? Ou bien faut-il envisager d'instaurer une retraite précoce pour les acteurs à grand talent mais à grosse tête ? Surtout pour ceux qui cumulent les incohérences et les inepties cathodiques.
Sur la base des propos qu'il a tenus ces dernières années, Gérard Depardieu pourrait sans nul doute faire valoir ses droits à une telle retraite anticipée.
Depardieu, taisez-vous ! Ça nous fera des vacances
Son attaque contre les syndicats est vraiment pathétique. Sacré leçon de morale d'un type qui, l'année dernière, faisait le forcing dans un lycée d'un quartier huppé de la capitale pour faire scolariser le gosse de ses amis. L'acteur n'hésitait pas à appeler son amie Carla Bruni pour obtenir ce passe-droit.
Depardieu, taisez-vous ! Ça nous fera pas des retraites, mais des vacances. Un éventuel mot d'ordre pour les prochaines manifs ?
Etonnant tout de même, ce manque d'empathie d'un homme issu d'un milieu très modeste. Apparemment, les lumières du show biz ont fini par lui faire perdre la mémoire.
Après tout, il a le droit d'avoir honte de ses origines sociales, et préférer fréquenter les vrais travailleurs du Fouquet's et des hôtels particuliers de Neuilly. « Pas nouveau riche », comme répliquait Coluche à ses détracteurs, « ancien pauvre ».
« On me donne des sous comme on donnerait à une femme »
Salauds de syndicalistes, pense à mots couverts celui qui disait lors d'une interview :
« Je n'ai pas de carte vitale. Je n'ai jamais voté. Je ne me sens pas Français, mon pays, c'est le monde. »
Au sujet de sa déclaration d'impôts, il a également été droit au but. « Ce n'est pas moi qui la fait », a-t-il avoué :
« Moi, j'ai l'argent, je ne le vois pas. Je n'ai ni carnet de chèques, ni carte bleue. On me donne des sous comme on donnerait à une femme pour sa semaine. (…) Et je ne réponds à aucun courrier, je n'ouvre jamais une enveloppe, ça m'angoisse. »
Impossible d'être enfin « décontracté du gland »
Notre Gégé national semble très angoissé. Pauvre homme mal compris et mal-aimé dans un pays pillé par de très méchants syndicalistes. Des fainéants qui bloquent les artères de la Nation et ne pensent qu'à une chose : « être décontracté du gland » après de longues années de labeur.
Pas normal de s'arrêter de bosser quand des artistes d'une telle importance se tuent à la tâche. Hors de question de quitter le plateau pour les carreleurs, routiers, infirmières… La durée de tournage doit être rallongée pour eux aussi. Silence, on bosse !
La vieillesse est parfois un naufrage. Encore plus chez les très bons acteurs qui ne savent pas se taire à temps. Dewaere reviens, ton pote tourne dans un très mauvais film : sa vie publique. (Voir la vidéo)
-------
Emmitouflés dans des couvertures, les lycéens se dirigent vers le bar Le Pélican bleu, près de l'établissement. Ils ont dormi dans ce qu'ils nomment le « bahut ».
Dans la fumée des chocolats et des cafés, les plus réveillés évoquent les opérations de la journée. Ils semblent flotter dans des discours trop larges pour eux, discours mimés sur ceux des plus âgés : grand-frères ou profs. Les rôles sont distribués. Gason, le patron du bistrot, les observe en coin avec un regard amusé. Eux ne le voient pas, déterminés à refaire le monde.
Après voir bloqué les grilles d'entrée du lycée, ils tentent de convaincre les lycéens non-grévistes de rejoindre le mouvement. Pas facile. Toujours à deux doigts d'en venir aux mains. Mais ils réussissent à en rameuter à leur cause.
Peu à peu, les grévistes vaquent à leurs occupations militantes tandis qu'une poignée garde toujours le portail surmonté d'une banderole : « Lycée en grève ». Un air d'insurrection souffle sur l'Hexagone.
Les CRS encerclent le lycée
Ayant décidé de fusionner avec les étudiants, ils ont organisé une coordination nationale dans l'enceinte du lycée. Paraît-il que le lycée, vu de haut, donne l'impression d'une faucille et d'un marteau. Mais les étudiants ne seront pas au rendez-vous.
Des dizaines de CRS encerclent le lycée. Seuls les riverains et lycéens sont autorisés à circuler en montrant une pièce d'identité. Les meneurs parlementent avec les officiers. En vain. Quelques insultes fusent et s'ensuivent des bousculades entre flics et lycéens. Mais pas de blessés.
Le proviseur évacué par les pompiers
Dans l'après-midi, le proviseur, apparemment envoyé dans les lycées de France les plus à la pointe de la révolte, pique une colère. Flanqué de ses adjoints, il tente de reprendre le contrôle du bâtiment administratif squatté jour et nuit. Impossible de déloger les élèves bien décidés à rester. Rouge de colère, le proviseur perd les pédales et ses assistants paniquent. Peu après, des pompiers l'évacuent.
Cette histoire se déroule en automne 1978. C'était la première fois de son histoire que le lycée Jean-Jaurès de Montreuil était occupé. Nous étions quelques-uns, politisés ou juste rêveurs nourris aus Clash et aux Sex Pistol… dix ans après 68.
Certains arboraient le badge à la mode « No future » et fredonnaient « Sex, drugs and rock'n'roll » pour provoquer les plus politisés. De très beaux moments.
Qu'avons-nous perdu en 78 sous Giscard d'Estaing ? Peut-être des illusions, mais pas d'œil.
----------
Le site de L'Express a raison de relayer cette belle initiative d'un concours vidéo contre l'illettrisme. Mais la rédaction en ligne du magazine n'avait pas besoin de rajouter un accent sur le mot (« illéttrisme). Bien sûr, nul n'est à l'abri d'une erreur. Que celui qui n'a jamais douté de l'orthographe d'illettrisme me jette la première coquille !
Cela dit, l'illettrisme est un problème qui touche plusieurs millions de gens. Maniant la langue écrite tous les jours, nous avons souvent du mal à imaginer la douleur profonde d'un grand nombre d'illettrés. Des individus qui souffrent pour rédiger un banal courrier ou un e-mail. Un calvaire dans les lieux publics quand tout le monde attend derrière soi au guichet. Sans oublier la honte des parents illettrés confrontés aux devoirs de leurs gosses.
La tension de l'illettré dans les lieux publics
Quelles sont les causes de l'illettrisme ? Certains incrimineront l'Education nationale en se remémorant les dictées de feu le Certificat d'études, d'autres colleront tout sur le dos des nouvelles technologies. MMS et SMS en première ligne des coupables ? Un serpent de mer long de dizaines d'années sur lequel planchent sociologues, linguistes et enseignants. Gosse, j'en entendais déjà parler.
Pour l'instant, ce problème de société récurrent ne semble pas avoir trouvé de solutions. Combien de temps encore ?
Dernièrement, j'écoutais une émission radio décortiquant Facebook et les réseaux sociaux. Un intervenant expliquait que, malgré l'aspect en apparence très démocratique de ces “espaces virtuels publics” , les classes sociales et les différentes communautés se reconstituaient comme dans la “vraie vie”. Qui se ressemble s'assemble. De nouveaux quartiers défavorisés se créent-ils ainsi sur la toile ?
Ghettoïsation même sur Facebook
Bien sûr, la sélection des amis Facebook s'effectue en fonction des centres d'intérêt de chacun. Mais je crois que le langage ne doit pas être étranger à ce phénomène de nouvelle ghettoïsation dans ces lieux de rencontre virtuels qu'un journaliste nomme les réseaux “psychosociaux”.
L'écriture est un vrai marqueur social. Les premiers mots d'un e-mail vous renseignent beaucoup sur l'expéditeur. Il ne s'agit pas d'encenser l'orthographe, science des ânes selon certains, mais la structuration d'une phrase en dit long sur votre rapport à la langue. A l'aise ou mal à l'aise avec l'écrit ?
Sur Facebook, peut-être que des erreurs d'aiguillage ou simplement de la curiosité permettent la rencontre d'internautes issus de réalité différente. Pourquoi pas des exceptions ? Mais dans la plupart des cas, celui qui possède peu de vocabulaire et a d'énormes difficultés syntaxiques se dirigera peu ou prou vers un internaute écrivant de la même manière que lui. Sur Facebook, la fracture socioculturelle continue.
Internet comme solution à l'illettrisme ?
Malgré tout, il y a une bonne nouvelle : écriture et lecture sont devenus un sport très pratiqué sur les écrans de la planète entière. Peut-être un lieu à investir pour combattre l'illettrisme ? Beaucoup d'enseignants s'en servent comme outil pédagogique avec leurs élèves. Contrairement à la télé, même la très bonne, la vertu d'Internet est de permettre aux jeunes et moins jeunes d'être actifs, de dialoguer par l'écrit.
Cette initiative de passer par l'image pour travailler sur l'acquisition de la lecture et de l'écriture est excellente. Se servir de l'image- vidéo et Internet- pour chercher des solutions. Pourquoi pas -si ce n'est déjà fait- proposer des “remises à niveau” par le biais du Net ? Derrière un écran, l'illettré a sans doute beaucoup moins honte de son handicap. Et il peut sortir de sa solitude face au langage.
--------
L'ancienne championne de natation, aujourd'hui à la retraite, Laure Manaudou n'a pas oublié ses heures de gloire. Ainsi, elle a décidé d'accoucher dans une piscine, mais pas n'importe laquelle. Elle devrait donner naissance à l'enfant qu'elle porte dans le bassin de Melbourne en Australie, où elle a gagné plusieurs titres mondiaux. " Ici, les ondes ne peuvent être que parfaites ! ", a déclaré la compagne de F. Bousquet.
------